Jean-François Cournot / Collectionneur

Frédéric Blaimont est une peau de vache patentée,

un observateur impitoyable, mais aussi un œil de velours, un regard tendre et protecteur. Il vous balance un direct au foie, vous colle deux bonnes baffes et vous fait un baiser sur le front. Un as de la douche écossaise, un champion de l’aigre-doux.

Blaimont est un portraitiste génial.

Avec une technique fabuleuse, mélange d’une dextérité accomplie et de l’exploitation savante de la trame de la toile, des poils du pinceau ou de la brosse, de la lumière ambiante, défiant toutes les lois de la composition, il invente des équilibres funambules, toujours à la limite du casse-gueule et de la stabilité idéale.

Il peint des tableaux d’une puissance inouïe qui représentent des gens, vous, moi, tout le monde, dans des situations communes, banales, habituelles. Mais ces gens ne sont pas “ arrangés ”, embellis, truqués. Ils sont nature, vrais, absolument vrais, terriblement vrais. Avec leurs défauts, leurs imperfections, leurs travers, leurs “ manières ”. Mais aussi avec le petit détail, presque imperceptible, qui leur donne un charme craquant, irrésistible.

Frédéric est un témoin capital de la société d’aujourd’hui, un sociologue évident, un ethnologue précieux.

À l’inverse du grand Hopper qui peignait magnifiquement les américains dans leur environnement naturel, Frédéric, lui, extrait ses personnages de leur contexte et de leur décor, renforçant ainsi considérablement, en concentrant votre regard sur eux seuls, leurs caractères, leurs inconscients, parfois leurs perversités, ou leur sottise, leur ennui ou leur enthousiasme.

Un tableau de Frédéric Blaimont ne peut se découvrir que grandeur nature. Vous ne pourrez le saisir vraiment que de visu, face à lui.
Le choc sera, à la mesure de son talent, magistral.

Blaimont est, vous le verrez tout de suite, un portraitiste exceptionnel. La maîtrise totale de sa technique, alliée à une facture formidablement contemporaine, sont là pour le prouver


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